San-Antonio

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Ma passion pour San-Antonio m'a amené à créer cette page. Elle est construite selon le principe suivant. J'ai entamé la relecture de tous les San-Antonio dans leur ordre initial. À chaque fois que j'en terminerai un, j'en ferai un rapide descriptif ci-dessous. Pour des raisons évidentes, l'intrigue n'est jamais dévoilée dans mes commentaires.

Mes remerciements à GeoTrouvetou, Valérie Lorgouilloux et Alain Roblin pour m'avoir fourni des San-Antonio de poche, me permettant ainsi de poursuivre mes lectures et mon site. Merci également au Léopard Masqué pour ses ouvrages.

Annonce : Colloque international San-Antonio et la culture française organisé par Françoise Rullier-Theuret, jeudi 18 mars 2010 de 13 h 30 à 18 h, à l'Université Paris-Sorbonne, sous la présidence de Catherine Fromilhague !

Accès direct aux rubriques de cette page : liens vers d'autres sites, les personnages, 1. « Réglez-lui son compte ! », 2. « Laissez tomber la fille », 3. « Les souris ont la peau tendre », 4. « Mes hommages à la donzelle », 5. « Du plomb dans les tripes », 6. « Des dragées sans baptême », 7. « Des clientes pour la morgue », 8. « Descendez-le à la prochaine », 9. « Passez-moi la Joconde », 10. « Sérénade pour une souris défunte », 11. « Rue des macchabées », 12. « Bas les pattes », 13. « Deuil express », 14. « J'ai bien l'honneur de vous buter » et le film San-Antonio.

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Voici des liens qui pourraient vous intéresser :
N'hésitez pas à m'écrire : Pierre@crescenzo.nom.fr. Vous pouvez notamment me signaler d'autres sites Web, si possible en français.
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Les personnages
San-Antonio :
Le héros : agent secret, commissaire, bourreau des cœurs et romancier… James Bond n'a qu'à bien se tenir ! Il est commissaire et agent secret pendant la seconde guerre mondiale dans 1. Réglez-lui son compte !, 2. Laissez tomber la fille, 3. Les souris ont la peau tendre et 5. Du plomb dans les tripes et après la guerre dans 4. Mes hommages à la donzelle, 6. Des dragées sans baptême, 7. Des clientes pour la morgue, 8. Descendez-le à la prochaine et 14. J'ai bien l'honneur de vous buter. 9. Passez-moi la Joconde, 10. Sérénade pour une souris défunte, 11. Rue des macchabées, 12. Bas les pattes et 13. Deuil express se situent sans doute après la guerre mais cela n'a pas d'importance. Dans 7. Des clientes pour la morgue, on apprend son adresse : 103, rue de l'Église à Neuilly.
Félicie :
La charmante mère de San-Antonio, une petite vieille, veuve, toujours aux petits soins pour son fils et sans doute le seul personnage stable de la vie du commissaire. Une « chic vieille maman de chez nous ». Apparaît dès 1. Réglez-lui son compte ! et reste toujours plus ou moins présente.
Alexandre-Benoît Bérurier :
Dit Béru. Collègue inspecteur et ami de San-Antonio. C'est un véritable porc, une armoire à glace plus douée pour la castagne que pour la finesse, mais aussi un excellent professionnel. Apparaît pour la première fois, en second rôle, dans 7. Des clientes pour la morgue. Est un peu plus présent dans 8. Descendez-le à la prochaine et 13. Deuil express.
Pinaud :
Dit Pinuche ou Débris. Collègue inspecteur et ami de San-Antonio. C'est un policier radoteur à l'allure de vieillard à moitié sénile, à se demander pourquoi il n'est pas à la retraite depuis longtemps. Mais cette apparence cache un policier hors pair. Apparaît pour la première fois dans 13. Deuil express.
Achille :
Le supérieur hiérarchique de San-Antonio, dit Le Vieux, « un grand mec entre deux âges, mais plus près du second que du premier, élégant, racé et chauve ». Apparaît dans 4. Mes hommages à la donzelle où il est directeur des services secrets français, place qu'il occupe au moins jusqu'à 14. J'ai bien l'honneur de vous buter, dernier ouvrage décrit actuellement sur ce site.
Mathias :
Le collègue scientifique. Apparaît pour la première fois dans 7. Des clientes pour la morgue sous le nom de Grignard et est aussi cité assez furtivement dans 8. Descendez-le à la prochaine, toujours en tant que Grignard.
Oncle Gustave :
Dit Tatave, un des rares membres de la famille de San-Antonio que celui-ci côtoie. C'est un lyonnais, fervent de pêche à la ligne dans le Rhône, mais qui ramène plus de cuites que de brochets. Intervient dans 13. Deuil express.
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1. Réglez-lui son compte !
Année de parution :
1949
Thème :
Le Commissaire San-Antonio, as des Services Secrets Français doit résoudre deux enquêtes :
  • Un cadavre est découvert par hasard sous la chaussée d'une rue de Marseille avec une bague de pigeon voyageur dans la bouche.
  • Les plans d'une très importante invention française dans le domaine du nucléaire sont dérobés par des terroristes qui ont élu domicile en Italie.
Mon commentaire :
Le tout premier San-Antonio ! À ne pas manquer. Aucun des personnages récurrents qui constitueront une partie du succès du Commissaire San-Antonio n'est présent, à part Félicie.
Des citations :
  • Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je trouve qu'à part la bombe atomique, on a jamais rien inventé de mieux que le lit.
  • Félicie, pour tout vous expliquer, c'est ma mère. Une bonne vieille, pas du tout le genre ruine, mais pas non plus la tête de Lady qu'on voit sur les Marie Brizard. Une tête de chic vieille maman de chez nous, vous voyez ce que je veux dire ?
  • Et puis ma matière grise démarre à cent à l'heure et je comprends que si Félicie m'a réveillé, c'est pas pour me raconter que la chatte de la laitière a fait des petits.
  • Le chauffeur est une espèce de mulâtre triste qui a les yeux d'un cheval qui viendrait de se faire opérer de la vésicule biliaire.
  • Et quand San-Antonio a soif, il n'est même pas capable de gagner une partie de dominos à un nouveau-né.
  • Je m'écroule à une terrasse et je me fais servir un double pastis aussi épais que la conscience d'un huissier.
  • J'ai beau le regarder, je n'en apprends pas plus à son sujet que si j'examinais une collection de caméléons empaillés.
  • On me sert un pâté maison façon briquette d'aggloméré, puis un civet de lapin, et je comprends, en examinant les os de la bestiole, que la pauvre bête a mangé plus de souris que de foin dans sa vie.
  • Si un magazine flanquait sa photo en bikini à la une, le gouvernement serait obligé de rappeler trois classes pour établir un service d'ordre devant les marchands de journaux, tant il y aurait d'amateurs.
  • […] je n'y voyais pas plus clair dans cette affaire qu'un aveugle qui chercherait un nègre dans un tunnel pendant le couvre-feu, […]
  • Le Colorado-Bar, ou plutôt certains de ses familiers, en connaissent plus long sur l'histoire du cadavre enterré dans la rue que sur la géométrie dans l'espace.
  • Cette maison est aussi vide que la conscience d'un percepteur.
  • Un Marseillais qui s'épate à ce point, ça ne se voit pas toutes les années bissextiles.
  • […] si toutes celles à qui j'ai fait le grand jeu venaient se faire offrir l'apéritif, il faudrait mobiliser tous les garçons de café.
  • J'ajoute, pour le tuyauter bien à fond, qu'après une de mes colères il passerait le restant de ses jours à se demander de quel côté sa tête était orientée avant de m'avoir connu.
  • […] il se demande s'il doit mourir ou accomplir le boulot. Il se décide pour la première solution.
  • […] je lui démontre qu'une seule balle, bien employée, est préférable à tout le stock de la manufacture de Saint-Étienne, si celui-ci est utilisé en dépit du bon sens.
  • Je suis tellement bien constitué que si je sortais en slip dans la rue la circulation serait aussitôt interrompue.
  • Je savoure les congratulations avec la nonchalance d'un gladiateur qui viendrait de nouer les pattes à une douzaine de lions affamés.
  • Est-ce que cela vous est arrivé, à vous, de vous réveiller un matin, avec la sensation d'être heureux, vraiment heureux, et avec la certitude de pouvoir vous balader à travers le monde, comme dans votre appartement ? Sinon, vous ne savez pas ce qu'est la volupté authentique et vous pouvez toujours essayer de fumer de l'opium ou d'embaucher des belles de nuit pour vous distraire.
  • Comme nos lèvres ne sont pas trop éloignées, je calcule la distance qui les sépare. Et je m'aperçois qu'il suffirait que j'incline légèrement la tête pour que cette distance-là n'existe plus. Julia fait un bout de chemin à ma rencontre.
  • Ils possèdent une baraque un peu moins grande que le palais de Versailles dans les environs de Nice.
  • Son rire ressemble au bruit d'une source. Je me souviens avoir fait cette comparaison dans une composition française et le prof m'avait balancé dix sur dix. Je l'imagine - pas le prof mais Julia - avec son déshabillé qui doit être rose ou bleu.
  • - Monsieur, lui dis-je, j'ai roulé ma bosse aux quatre coins du monde. J'ai couché dans les plus baths hôtels d'Amérique comme dans les plus sales bouges d'Italie. J'ai vu des quantités de plumards : des rembourrés et des affaissés. J'ai trouvé dans ces lits une foule de bestioles et d'objets : des puces, des cafards, des punaises, des scorpions, des hannetons, des portefeuilles, des dentiers, des pistolets et d'autres choses que je n'oserai pas nommer parce que je suis poli, mais jamais, vous m'entendez ? jamais il ne m'est arrivé de découvrir une bombe dans mon pageot.
  • Il est évident que ce gentleman n'a pas fait la guerre et qu'il s'y connaît autant en armes variées que moi en gynécologie.
  • J'ai une faim de cannibale. À vrai dire, j'ignore si les cannibales ont de l'appétit, il faut croire que oui, étant donné les denrées qu'ils se glissent sous les molaires.
  • Le hasard ! Toujours lui… Moi je lui obéis aussi souvent qu'il m'obéit lui-même.
  • Vous auriez plus vite fait de fendre en deux une enclume avec un marteau en caoutchouc que de surprendre sur son visage un reflet de ses pensées intimes.
  • Si vous avez un tout petit peu plus d'imagination qu'un tombereau de betteraves, vous allez essayer de comprendre ce qui s'est passé.
  • Le patron a une tête à vous demander du feu, à minuit, dans un terrain vague ; les bonniches doivent faire le ménage à l'Armée du Salut après leur service et les piaules sont aussi folichonnes que des cabanons d'aliénés, […]
  • […] dans l'ensemble les italiennes ne sont pas sensationnelles. Certes, elles ont des yeux qui feraient fondre une glace à la pistache, des cheveux noirs et lustrés ; mais comme châssis, elles ne cassent rien. Et puis elles ont pour la plupart de gros sourcils comme les griffons, du poil aux jambes et aux pommettes, si bien que beaucoup ressemblent davantage à un cactus qu'à la Vénus de Milo.
  • C'est un épouvantail de deux mètres de haut qui passe aussi inaperçu qu'une auto de pompiers dans la vitrine d'un marchand de couronnes mortuaires. Il a la physionomie d'un type qui a reçu le contenu d'une benne basculante sur la trompette. Sa tête énorme ressemble à une courge ; il a les yeux de goret lubrique et le sourire du bonhomme qui vient d'être guéri de la constipation par les petites pilules Toucan. Je sais son nom : Tacaba, s'il n'est pas issu d'un croisement d'un bull-dog et d'une horloge normande, il doit être mexicain.
  • Si ce gorille me cherche, il va me trouver avant que le Vésuve soit transformé en vélodrome.
  • Comme ça la vie est au poil, et le gars qui viendrait me soustraire à ma béatitude pour me dire le contraire serait aussi bien reçu qu'un encaisseur du gaz qui sonnerait à la porte d'un monsieur en train d'expliquer à sa fiancée les rudiments de la vie conjugale.
  • Mais malgré cette promesse, je suis résolu à agir seul, because les événements on toujours prouvé que si les Ritals sont fortiches pour la mandolines, il vaut mieux, dans les cas graves, compter sur un vieux soutien-gorge que sur eux pour vous soutenir.
  • […] j'ai autant de chances de m'entendre avec cet appareil distributeur qu'une clef à molette avec une demi-livre de sel gros.
  • Je n'insiste pas et m'adresse à un type qui, à en juger par ses galons, doit être général au Honduras ; ça tombe au poil parce qu'il s'agit du sous-chef de gare.
  • Quand je pense que le monde est plein de zigotos qui sont, à la même minute, en train de se faire des cocottes en papier dans les ministères, de pêcher sur les bords de la Marne ou bien d'expliquer à des chouettes poupées ce que le créateur avait derrière la tête lorsqu'il a conçu et réalisé les dames et les messieurs, je me sens plein de vague à l'âme. Et je donnerais bien dix ans de la vie du président Truman contre une vieille paire de fixe-chaussettes pour être un de ces types dont je vous parle.
  • Comme le disait un pote à moi qui avait sombré dans la purée ; « Si j'avais du lard, je ferais bien une omelette au lard… mais je n'ai pas d'œufs ».
  • Je réprime un sifflement d'admiration car la personne qui me tend la main avec grâce ne s'est pas planquée dans un abri-refuge le jour où on a distribué la beauté.
  • Si vous voyiez cette petite fée au volant, les cheveux au vent, les lèvres serrées, une écharpe jaune autour du cou, les bras nus, la gorge pas trop empaquetée… vous ne penseriez plus à rien, et il faudrait au bout d'une heure de contemplation, qu'on vous réapprenne à lire et à faire des i et des o sur du papier quadrillé, tellement vous seriez commotionnés. Parole !
  • Il est petit, sans âge, chauve et s'il ne boit pas trois litres de chianti par jour, la rougeur de son pif provient d'un direct du droit très récent.
  • Quelquefois, j'entends des types qui avouent avoir perdu le nord. C'est qu'ils n'ont pas d'ordre. Le nord et moi nous sommes bons copains et nous ne nous sommes jamais séparés.
  • Le signore, vois-tu, n'est pas la moitié d'un gonfle. Dieu merci, la fée qui distribuait la jugeote et l'imagination n'est pas allée aux bains turcs lorsque ça a été le tour du signore de recevoir sa part.
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2. Laissez tomber la fille
Année de parution :
1950
Thème :
San-Antonio, ne souhaitant pas participer aux opérations de police durant la seconde guerre mondiale, s'est mis au vert. C'est sans compter sur le hasard qui va lui faire reprendre du service.
Mon commentaire :
San-Antonio contre les nazis : classique et agréable.
Des citations :
  • Mais ce matin, ma trompette ressemblait à celle d'un fakir auquel un plaisantin aurait remplacé les clous en caoutchouc de sa planche par de vraies pointes provenant de la quincaillerie du coin. J'avais des yeux de lion malade, et ma barbe poussait bleue. Quand ma barbe pousse bleue, c'est que j'ai des ennuis avec mon carburateur : soit parce que je suis amoureux, soit parce que mon foie revendique son indépendance.
  • Un jour, j'ai traversé le Mont-Cenis. Pour un tunnel, c'est un tunnel. Si vous avez une belle pépée à vos côtés, pour faire le voyage, vous pouvez en toute tranquillité lui expliquer ce qu'Adam a raconté à Ève le jour où ils ont joué à papa-maman. Mais si vous voyagez seul, pardon : il ne vous reste plus qu'à fermer vos mirettes et à pioncer. Tout le noir qu'il y avait de disponible dans ce coin des Alpes on l'a collé dans ce sacré tunnel. Ça dure. du noir ! et encore du noir !
  • Elle devient plus rouge qu'une langouste qui apprendrait à nager dans de l'eau bouillante.
  • Je me promets bien, lorsque je le rencontrerai, de lui mettre suffisamment de plomb dans le bide pour qu'il ne puisse jamais plus faire la planche, quand bien même il serait en celluloïd.
  • […] il y a belle lurette que la raison et moi sommes séparés pour incompatibilité d'humeur.
  • Les peignes-culs qui vous racontent que les amoureux se nourrissent d'amour et d'eau fraîche feraient mieux d'aller se faire opérer de l'appendicite.
  • La nuit est de plus en plus noire et de plus en plus froide, ce qui est le droit le plus absolu d'une nuit d'hiver.
  • Elle a un sourire qui transforme ma moelle épinière en mayonnaise. C'est inouï ce que l'homme le plus blindé peut devenir évanescent devant les singeries d'une poulette.
  • À ce moment, l'énorme poulet m'examine. C'est un garçon qui doit posséder à peu près autant d'intelligence qu'un kilo de choucroute. Pendant que son cerveau se met à assimiler les images inscrites sur sa rétine, nous aurions le temps de prendre un bain de pieds. Mais tout finit par arriver. Bien que ses pensées circulent dans son crâne comme les billes d'acier d'un billard électrique, il réalise ma ressemblance avec le mort et il émet un bruit qui tient du cri de guerre des Indiens Commanches (à balais), de la corne de brume et de la plainte témoignant de l'orgasme chez les kangourous femelles.
  • Les vioques vont voir si ce putain de roi de pique va ramener sa couronne dans les treize premières brèmes. Les pondeuses pensent brusquement à leurs mougingues qui sont en train de se l'accrocher. La cage d'escalier se vide comme un cinéma après que le jeune premier a roulé un vache et ultime patin à sa partenaire.
  • Les désespoirs muets m'ont toujours ému. D'ordinaire, quand une poupée rouscaille et fait des épates, je lui mets une paire de mornifles sur la tronche, histoire de guérir ses fluxions dentaires si elle en a. Mais des larmes silencieuses m'épouvantent.
  • Je suis comme un jongleur aérien qui viendrait de renverser sa tasse de café sur la robe de la souris qu'il cherche à se farcir.
  • - Faites pas cette tronche, collègue, on dirait que vous venez d'obtenir la communication avec l'ectoplasme de votre trisaïeul…
  • Je me félicite de ne pas me trouver de l'autre côté car il s'agit d'un danois un peu moins gros qu'un éléphant. À la clarté de la lune, je vois briller ses gros yeux. Ce clébard est doux comme un tigre du Bengale. Il a des crocs format extrême. Quand il vous les plante dans le prose, on ne doit plus pouvoir s'asseoir pendant plusieurs générations.
  • […] c'est une chose passée et moi, le passé c'est comme un mouchoir sale : je n'y fourre plus mon nez. Au fond, y'a que l'avenir qui soit meu-meu ; les mous-de-la-tronche qui pleurent de la vaseline en ruminant des souvenirs sont tout juste bons à balayer les waters.
  • Y a même des moments où je doute de moi… Pourtant, je me connais depuis longtemps et je peux me fournir des références…
  • Le lit est la plus belle conquête de l'homme après le cheval et le chewing-gum.
  • Elle prend l'air étonné d'une génisse qui assisterait à la projection d'un film sur les chemins de fer.
  • Y a des petzouilles qui rêvent de voir Naples avant de calancher ; moi, mon rêve, ce serait de faire entrer pour cinquante grammes d'intelligence dans votre caboche en ciment armé.
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3. Les souris ont la peau tendre
Année de parution :
1951
Thème :
L'histoire se passe toujours durant la seconde guerre mondiale. San-Antonio, réfugié en Angleterre après sa dernière aventure, reprend du service et se rend en Belgique pour démasquer une taupe infiltrée dans un réseau de résistants : meurtres, Gestapo, héros de la résistance, traîtres et souris à la peau tendre sont au rendez-vous…
Mon commentaire :
La suite logique du précédent : on commence à comprendre pourquoi les nazis ont perdu la guerre, il n'y a pas grand chose à faire contre San-Antonio.
Des citations :
  • Oh, pardon ! Quand on a vu une gamine de ce gabarit une fois, qu'est-ce qu'il doit falloir avaler comme bromure pour l'oublier !
  • Ça est là, me fait-il avec un bon sourire qui reflète autant d'intelligence qu'une portion de brie.
  • L'établissement paraît aussi désert que la boîte crânienne d'un brigadier de gendarmerie.
  • Désormais, il ne peut plus aider que les pissenlits, en leur apportant sa contribution personnelle en engrais azotés.
  • Mais pour l'instant, là n'est pas la question, comme disait le bourreau au condamné qui se trompait de porte.
  • Je me vois sur la Côte d'Azur, aux côtés de cette gamine, en train de lui roucouler des machins tellement glands qu'un veau de trois mois en pleurerait…
  • Le grand gaillard doit avoir eu King-Kong comme bisaïeul. On obtiendrait une douzaine de brosses en chiendent très convenables en utilisant les poils de ses sourcils. Ses joues sont bleues car il n'a pas dû se raser depuis la guerre des Boers. Par contre, il possède autant de cheveux qu'une borne lumineuse. Ses yeux évoquent une tête de veau prête à consommer. Il les pose sur ma gracieuse personne et ce spectacle ne l'émeut pas plus que la vue d'un fer à friser d'occasion.
  • Je ronfle, je m'entends ronfler ! Les voisins doivent s'imaginer qu'il s'agit d'un raid américain et ils commencent à préparer leurs fringues pour descendre aux abris.
  • Je dis Good Night et je fais exactement ce qu'à fait le zigue qui, en sortant de la chambre à coucher de sa maîtresse, s'est trouvé face à face avec le mari de celle-ci : je m'évacue dans l'escalier à une vitesse qui ne pourrait se calculer qu'en années-lumière.
  • Thérèse se met à roucouler, toujours comme une tourterelle. Je deviens colombophile, les gars !
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4. Mes hommages à la donzelle
Année de parution :
1952
Thème :
La guerre est probablement déjà terminée (la situation chronologique est très vague). San-Antonio est chargé par Achille de découvrir comment les recherches d'un savant allié passent à l'ennemi.
Mon commentaire :
Un festival de coups de théâtre, de rebondissements et de jolies filles peu farouches bien entendu, un très bon San-Antonio !
Des citations :
  • Il a l'air penaud comme un mironton qui rencontrerait sa bourgeoise en sortant d'un lupanar.
  • Ce pull n'est pas un frangin ! Il lui moule les roberts à la perfection. Il y a du trèfle au balcon, je vous le jure ! Ils sont deux et ils occupent leurs strapontins… Mazette, elle a des vaniteux qui appellent la main-d'œuvre étrangère !
  • Précéder, c'est le meilleur moyen de suivre, cela semble paradoxal, mais la formule est garantie sur facture.
  • Ses yeux d'aveugle contiennent autant de cordialité que ceux d'une vipère à qui l'on flanque des coups de bâton.
  • Je fais mon sourire des grands jours, celui qui pousse les souris à me dire que leur mari part à la chasse, qu'elles resteront at home et que la clef sera sous le paillasson.
  • J'aime assez jouer au ping-pong mais à condition de ne pas faire la balle.
  • Ce qu'il y a de tartignole dans cette profession, c'est qu'il ne faut pas pleurer ses calories. Un des mes collègues, à la suite d'une bataille maison, avait été amputé de la flûte droite. On lui mit une patte articulée et il continua le bidule ; eh bien, la moitié du temps il perdait sa gambette mécanique parce qu'elle se dévissait à tout bout de champ ! Si vous croyez que je masse, passez-moi votre agenda, je vais vous noter son adresse et vous irez lui demander.
  • Des serrures de coffres sont, quoi que vous en pensiez, comme les femmes vertueuses : elles n'ont pas de secrets.
  • On s'habitue à tout, même aux coups de théâtre ; c'est une des qualités principales de l'être humain.
  • Le raisonnement est la plus belle conquête de l'homme, après le cheval et le steak-pommes frites ; alors raisonnons.
  • Elle doit avoir le bulbe du cerveau gros comme un œil de fourmi. Des mômes qui ont l'air à ce point bouchées, moi, j'ai envie de leur parler petit-nègre.
  • - Vous êtes bath, je lui fais. Vous allez me dire qu'il faut être une suprême crème de gland, pour balancer un compliment de cette nature à une souris, fût-elle bouchée comme un autoclave, mais je vous réponds illico que moins on se casse les bonbons avec le beau sexe, mieux ça joue.
  • Elle me regarde de cet air incertain qu'ont les gonzesses lorsqu'un mec qu'elles ne connaissent pas leur propose la bagatelle. Ce regard-là, elles l'ont toutes : les malignes et les locdues ; les vioques et les gamines ; les vertueuses et les paillasses… Il veut dire : « Est-ce que tu es franco, ou bien est-ce que tu mijotes autre chose ? ». Lorsqu'une poulette le pose sur votre individu, c'est le moment de prendre votre air séraphique, les gars ; vous pouvez m'en croire… Moi des gerces, j'en ai pratiqué des tombereaux, je me suis farci des miss Europe et des marchandes de cresson, ça m'a permis de faire de la psychologie appliquée et de me construire des plans d'attaque…
  • Soyez sérieux ! Elles vous disent toutes ça… Notez bien, elles le disent généralement lorsque vous avez refermé la porte d'une piaule et que vous commencez à vous mettre à l'aise.
  • Vous allez croire que la réflexion est mon sport favori. Y a de ça. J'aime bien mettre un jeton dans mon appareil à déduction lorsque je traverse des temps morts.
  • Ses yeux sont pareils à des pierre précieuses, sans charre, c'est pas que je veuille donner dans la littérature pour demoiselle vertueuse, mais c'est exactement la comparaison qui s'impose. Des châsses pareils, je les ferais mettre dans une vitrine du Louvre, si je pouvais, et je vous jure que les diams de la Couronne ressembleraient à des joyaux de pochettes surprises.
  • Mon grand principe, c'est de ne vivre que le présent, sans m'inquiéter de l'avenir, même de l'avenir le plus immédiat. Je suis dans le genre du type qui était cerné par l'incendie au dernier étage d'un immeuble, et qui, en attendant que les flammes arrivent à son grimpant, consultait le programme des spectacles.
  • Chaque fois que nos regards se croisent dans le rétroviseur, je ne peux m'empêcher de penser qu'il ferait une bath carrière à Hollywood, pour remplacer Boris Karloff les jours où ce dernier va chez le dentiste.
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5. Du plomb dans les tripes
Année de parution :
1953
Thème :
Nous sommes de nouveau pendant la seconde guerre mondiale. San-Antonio est chargé de neutraliser une espionne allemande officiant en France. Le hasard lui fera résoudre bien d'autres affaires.
Mon commentaire :
Classique et bon.
Des citations :
  • Les étoiles brillent comme dans les romans à dix ronds pour jeunes vierges refoulées.
  • Moi, j'aime assez parler poésie, mais à condition d'être en compagnie d'une belle môme et qu'il n'y ait pas incompatibilité d'humeur entre ma main et son corsage, vous voyez ce que je veux dire ?
  • Le mystère c'est ma nourriture favorite, comme le chardon pour les ânes. Y a des fois où je me demande pourquoi j'aime pas les chardons !
  • Je trouverais de la bonté dans le regard d'un huissier que je ne serais pas plus abasourdi.
  • Il a la voix d'un lion enrhumé qui parlerait dans un conduit d'égout.
  • C'est le mec qui devait charger à cheval contre les panzers au moment de la campagne de Pologne, mais pour ce qui est du boulot cérébral, il ne serait pas fichu de gagner une partie de dominos à un gosse de la maternelle.
  • Ce qui vous prouve que la timidité d'une donzelle a toujours des limites ; le tout, c'est d'avoir de la patience et d'être diplomate. La femme la plus rébarbative, la plus honnête, la plus rude, se laissera faire la « bête qui monte, qui monte » si on sait lui demander gentiment la permission.
  • Ils essayent encore de me fléchir, mais lorsque qu'une idée me tient, on aurait plus vite fait d'apprendre la pyrogravure à un tigre du Bengale que de m'en faire changer.
  • Lorsque vous vous trouvez devant un problème considéré de prime abord comme étant insoluble, au lieu de vous mettre la Spontex en l'air, allez roupiller et vous verrez qu'en ouvrant les stores vous vous sentirez neuf comme un chapeau de Mme. Stève Passeur !
  • Ça devient un plaisir que de discuter avec certaines gens lorsqu'on les regarde avec un feu dans les pognes. Ils retrouvent leur vocabulaire, leur mémoire, leur entrain et, pour peu qu'on insiste, le couteau suisse que vous avez perdu l'an dernier en allant à la pêche.
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6. Des dragées sans baptême
Année de parution :
1953
Thème :
San-Antonio est chargé par Achille d'éliminer un de ses collègues, policier corrompu. S'en suit une avalanche de malentendus qui conduisent notre cher Commissaire dans une enquête à multiples rebondissements.
Mon commentaire :
Encore agent secret, San-Antonio lorgne cependant de plus en plus vers des activités de police plus traditionnelles. À déguster sans modération.
Des citations :
  • Nous avons autant de sympathie l'un pour l'autre qu'un cube de glace et un brasero.
  • Je peux me gourer, mais y a que le Pape qui ne se met jamais le doigt dans l'œil.
  • Émile, le patron, est en train de somnoler derrière sa caisse. Ce type-là a dû avoir une mouche tsé-tsé dans ses ascendants. À partir d'onze heures du matin, il somnole comme un boa qui vient de se taper toute une famille de planteurs, y compris la grand-mère.
  • La bonniche appartient au genre de tordue qui se croit victime d'une erreur de distribution sociale et qui est persuadée que sa gâche serait dans une Delahaye au lieu d'un bistrot de seconde zone. Elle bat des cils comme Marlène dans une scène de campagne, et vous pourriez recrépir votre maison de séduction avec la couche de font de teint qu'elle se met sur le visage.
    - Vous désirez ? demande-t-elle en arrondissant les lèvres en issue d'œuf.
    - Je viens ici pour tes yeux, je lui fais, mais si, par-dessus le marché, tu pouvais me donner l'annuaire des téléphones et une fine, on serait obligé de me mettre les jambes dans le plâtre pour les empêcher de se nouer…
  • Il ameute tout son estaminet en hurlant que des sans-gêne comme moi, il ne peut pas en exister deux vu que le globe n'est pas assez grand pour ça, qu'il commence à en avoir plein les pantoufles de ce quartier à flics ; et qu'il attend le grand soir, derrière son zinc, en espérant qu'il nous verra tous suspendus à des crochets de bouchers. Après quoi, comme il a dû s'écorcher la gorge, il se verse un verre de fine et remplit le mien.
    Nous trinquons.
  • Elle a du cran. Je préfère ça. J'ai une sainte horreur des gonzesses qui se croient obligées de tomber en digue-digue pour montrer l'étendue de leur désespoir.
  • In petto, je pense que Wolf a été un drôle de locdu s'il n'a pas tenté l'abordage d'une caravelle pareille. Cette petite artiste, c'est exactement le genre de fille qui me ferait marcher au plafond. Je lui jette un regard tellement appuyé qu'il ferait presque un trou dans sa peau délicate.
  • Rappelez-vous qu'une souris ne reste jamais insensible à un compliment bien tourné.
  • M'est avis qu'elle n'a pas bâclé le boulot, la nature, lorsqu'elle a travaillé à votre académie… Oh ! Pardon…
  • Je la cueille dans mes bras et je lui administre un des ces baisers-caméléon qui ferait rêver un pêcheur de perles.
  • Cette souris, laissez-moi vous rencarder, elle flanquerait des idées polissonnes à un épouvantail à moineaux.
  • Je ne sais pas si vous connaissez ce mec : le hasard ? Au cas où vous n'auriez jamais entendu parler de lui, laissez-moi vous dire que c'est un drôle de petit futé ! Il a le sens de l'humour et de l'à-propos.
  • - Ce qu'y a ? demande-t-il de ce ton rogue qui est celui de tous les cornichons auxquels on confère une autorité quelconque…
  • Il mâche de la gum pour faire tout à fait gangster et il a l'air du gars qui a porté son cerveau au Mont-de-Piété et qui a perdu le récépissé.
  • Quand j'ai une poupée ainsi baraquée dans mon espace vital, je sens ma moelle épinière se liquéfier et je ne me rappelle plus si la Seine coule d'Ouest en Est ou du Sud au Nord…
  • […] je suis en face d'elle exactement dans l'attitude d'un esquimau qui vient de trouver un cadran solaire.
  • Je la cramponne par les épaules et mets mes châsses dans les siens. C'est plein d'étincelles d'or dans ses prunelles ; de minuscules étincelles qui tournent autour de la pupille comme ces reflets produits par des boules de verre à facettes, dans les cirques, au moment des acrobates aériens.
  • Pour la chose d'être bien bousculé, on trouverait difficilement mieux que le petit San-Antonio. J'ai, dans l'ensemble, tout ce qu'il faut pour plaire aux gerces et leur faire oublier la date de naissance de Victor Hugo. Au rayon biscotos, je suis servi ; et pour le travail de force, j'écœurerais Rigoulot…
  • Pas la peine de vous raconter ce que je fais à Mireille, ni ce qu'elle me fait, et encore moins ce que nous faisons car, si je le faisais, la ligue des pères de famille, des cousines germaines et des abonnés à l'Électricité de France me feraient un procès pour outrage aux mœurs…
  • J'ai dû vous le faire remarquer quelque part : je suis poète… Vous ne me feriez jamais manger une tartine de gorgonzola pendant que je raconte à une gonzesse des salades dans le genre de celles que Roméo bonissait à Juliette pendant que leurs vieux avaient le dos tourné… Non. Je suis champion pour ce qui est de tenir une souris par le petit doigt en lui chuchotant des trucs qui feraient tomber en digue-digue un fauteuil à roulettes.
  • Vous n'avez pas besoin de moi, ces jours, patron ?
    - Non, pourquoi ?
    - J'aimerais régler une affaire de famille…
    - C'est ça, dit le boss, et embrassez-la bien pour moi.
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7. Des clientes pour la morgue
Année de parution :
1953
Thème :
Sur une intuition, San-Antonio prend en filature un homme qui vient de se travestir en femme dans les toilettes d'un bar. Ce coup de tête, presque un jeu, le mènera dans une aventure où les femmes feront souvent les frais d'un enjeu qui s'avère international.
Mon commentaire :
De nouveau un enjeu international, le côté espion n'est plus présent mais laisse encore transparaître les séquelles de la guerre. Bon. Pourquoi s'en passer ?
Des citations :
  • Vous parlez d'un tordu que je fais ! Histoire de passer le temps lorsque je suis de campo, au lieu de me donner de l'azote je m'offre une filature, et à mes frais ! S'il existait un autre louftingue de mon envergure, on nous empaillerait pour faire des serre-livres.
  • Je me fais l'effet du type qui, dans un grand élan, a offert une tournée de champagne générale et qui examine son portelazagne le lendemain, au réveil…
  • C'est mimi comme histoire ! Le jour où je raconterai ça à mes potes, ils se marreront tellement qu'on sera obligé de les descendre à coups de revolver pour les calmer…
  • Rien n'est plus sinistre qu'une chambre d'hôtel lorsqu'on n'a pas sommeil et lorsque aucune souris ne vous y tient compagnie.
  • Ladite piaule est presque luxueuse, seulement elle est tapissée avec un papier à fleurs qui donnerait des cauchemars à un zombie…
  • […] un français n'est, en général, pas plus doué pour les langues étrangères qu'un escargot pour la course à pied.
  • Sa croupe est si suggestive que j'en ai le souffle coupé. Moi, les nuits presque blanches me titillent les nerfs et quand je vois une femme dans cette position, j'aurais tendance à penser à autre chose qu'à la révocation de l'Édit de Nantes.
  • Le chef, je vous ai souvent parlé de lui, est un grand mec entre deux âges, mais plus près du second que du premier. Il est grand, élégant, racé et chauve comme un flan à la vanille.
  • M'est avis que si je ne me catapulte pas à cette adresse, je suis la plus belle crème de gland qui se soit jamais promenée dans une paire de godasses pointure 43 !
  • Je suis reçu par un lieutenant à figure géométrique, qui me considère exactement comme votre clebs regarde un os de gigot lorsqu'il se trouve nez à nez avec lui sur un trottoir.
  • Si vous ne croyez pas à l'efficacité de mon ange gardien après ça, vous n'avez qu'à reporter ce bouquin à votre libraire, afin de l'échanger contre un livre de cuisine.
  • J'attrape le flacon qui est posé sur un rayon et je me l'ajuste au trou que le Bon Dieu - un drôle de prévoyant - nous a percé sous le nez à toutes fins utiles.
  • Le gros costaud va s'asseoir sur la dernière marche de l'escalier et se met à jouer avec un revolver un peu moins gros que le canon atomique des U.S.A.
  • Pendant dix secondes je me dis que la vie est une infection de première. Que si j'avais un flingue à ma disposition, je me ferais péter le dôme, etc. Mais heureusement le pessimisme s'entend aussi bien avec San-Antonio que le sucre avec un diabétique. Je reprend goût à l'existence.
  • Et mon épitaphe, je la vois d'ici… « Il est mort comme il a vécu : comme un gland ! »
  • Maubert est un solide gaillard qui ne doit pas avoir de rapports très suivis avec l'eau sur le plan externe et pas du tout sur le plan interne.
    Il a un nez qui ne tiendrait pas dans votre mouchoir et dont la couleur évoque un conclave au Vatican. Ses yeux sont enrobés d'une sorte de gelée et ses moustaches hérissées ont des souvenirs de Brouilly…
  • Après ça, vous pouvez m'envoyer la Terreur du Mexique en colis express, je vous promets d'en faire un hamburger en moins de temps encore qu'il n'en faut à votre belle-mère pour vous écœurer : parole !
  • Tous les hommes ont leur vérité, à laquelle ils se raccrochent et pour laquelle ils se battent afin qu'elle devienne une vérité générale…
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8. Descendez-le à la prochaine
Année de parution :
1953
Thème :
Espions, contre-espions et cadavres fourmillent dans cette aventure où personne ne sait vraiment qui est qui. C'est d'ailleurs à la recherche d'un cadavre que nous trouvons San-Antonio au début.
Mon commentaire :
Tous les protagonistes sont un peu manipulés et manipulateurs. Il faut suivre !
Des citations :
  • Plus que jamais, je tiens à prévenir le populo que les mecs qui croiraient se reconnaître dans mes bouquins seraient des tocassons vaniteux.
  • Le gars qui pourrait me prouver par a + b qu'il a, au cours de son existence, exécuté une besogne plus débecquetante que celle à laquelle je me livre depuis une huitaine de jours aurait droit, selon moi, au salut militaire, au salut éternel et à une place assise dans les chemins de fer.
  • En attendant que son breuvage soit prêt, elle se fabrique des tartines de beurre et confiture qui donneraient la nausée à un rat d'égout.
  • Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais je deviens presque sobre ces temps-ci. Et la sobriété, si elle convient aux chameaux et aux équilibristes, n'est pas mon rayon. Au contraire…
  • Elle guérit, elle se repent, ils se roulent des patins et le film finit juste au moment où commence ma migraine.
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9. Passez-moi la Joconde
Année de parution :
1954
Thème :
Pour la première fois depuis des années, San-Antonio prend des vacances. Mais il croise un pauvre chien blessé sur le bord de la route. Le fringant commissaire au grand cœur va s'arrêter pour abréger ses souffrances et voir ainsi débuter, sans s'en douter, une nouvelle aventure.
Mon commentaire :
Les vacances de San-Antonio sont mouvementées et riches en rebondissements. Il serait dommage de ne pas le suivre dans cette villégiature qui porte si mal son nom.
Des citations :
  • Quand on joue à la belote, faut pas envier les brêmes de son adversaire, on doit se contenter des siennes et s'en servir pour le mettre capot.
  • Deux secondes plus tard, je ronfle tellement fort que les voisins du gars viennent lui demander s'il est content de sa nouvelle scie à moteur !
  • Les hommes, c'est comme les haricots secs, faut les mettre tremper dans leur souvenirs pour les attendrir.
  • Un mec galonné comme feu Goering et qui ne doit pas avoir d'ordre, car il a perdu un bras, s'avance à une allure super-sonique en me demandant ce que je désire…
  • Mon interlocutrice lève vers moi des yeux de vache qui aurait trop regardé passer les trains, ce qui lui aurait amené une tenace conjonctivite. Une moustache robuste orne ses lèvres et une barbiche agrémente son menton.
  • Enfin, elle prend le parti qu'adoptent toujours les souris lorsqu'elles sont dans une situation embarrassante : elle éclate en sanglots…
  • Elle a l'air aussi sincère qu'un marchand de voitures d'occasion qui vous refile une trèfle camouflée en vous assurant qu'il s'agit d'une Buick transformée.
  • J'ai du remords. Tous les mecs qui font l'école buissonnière ressentent ça. La liberté, pour lâcher de grandes théories, faut la mériter, non la voler.
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10. Sérénade pour une souris défunte
Année de parution :
1954
Thème :
Une fois n'est pas coutume, c'est pour rendre un service personnel à Achille que San-Antonio va débarquer déguisé en curé dans une prison d'Angleterre. Et le petit service va se transformer bien vite en enquête officieuse.
Mon commentaire :
San-Antonio enquête en Angleterre sans savoir aligner une phrase correcte en anglais. Mais qu'à cela ne tienne : ingéniosité, courage et jolies anglaises sont là pour l'aider.
Des citations :
  • En parfait narrateur, il reprend son souffle et laisse ma curiosité faire des bulles.
  • Le bourreau est un homme entre deux âges qui a une tête de comptable et des yeux myopes.
  • Il médite un instant. Il se tient très droit sur sa chaise avec cet air embarrassé du mec qui a accompagné sa souris dans un salon d'essayage.
  • Il se recueille parce que c'est un homme qui n'a pas l'habitude de s'acheter une paire de lacets sans avoir au préalable pesé le pour et le contre avec une balance de Roberval.
  • Nous sommes assis face à face dans un bus poussif. Autour de nous, c'est plein d'une population laborieuse qui regagne son clapier lisant les nouvelles qui ne la concernent pas avec des mines de clergyman triste.
  • Et bien ! les mecs, c'est dans ces cas-là que j'ai la nette impression d'avoir du génie… Si le mot vous paraît trop gros, votre libraire habituel vous remettra, en accord avec mon éditeur, une gomme pour que vous puissiez l'effacer.
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11. Rue des macchabées
Année de parution :
1954
Thème :
Le hasard est grand ! C'est en effet le hasard qui va mener San-Antonio dans une enquête à rebondissements alors qu'il pensait simplement passer au bureau de poste.
Mon commentaire :
Une enquête originale, bien menée et étonnante.
Des citations :
  • Je frémis en pensant que je pourrais être le fils de ce machin-là car ça m'aurait fait une drôle d'hérédité à remonter, les gars ! De quoi s'entraîner pour l'Anapurna !
  • L'antipathie c'est comme l'amour, ça implique une certaine réciprocité.
  • Les amours ancillaires c'est ma partie. Je préfère calcer plutôt une servante qu'une marquise, on est aussi bien servi et ça revient moins cher !
  • Il y a dans mon crâne une espèce de petit lutin pas plus gros qu'un poil de nez qui me chuchote des trucs bizarres.
  • Un frémissement court dans l'assistance comme un souffle de vent sur les blés mûrs !
  • Il me regarde comme vous regarderiez un quidam qui veut vous vendre un canon atomique pour mettre sur votre cheminée…
  • J'ai toujours eu un faible pour les postières et toutes les fois que j'ai eu l'occasion d'en composter une je ne m'en suis pas privé…
  • La nourriture, c'est le secret de la réussite. Un mec qui sait bâffrer sait vivre et un homme qui sait vivre enchetibe les autres, ceux qui sont au Vittel et aux carottes vichy.
  • Ne laissez jamais aux autres le soin de penser pour vous !
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12. Bas les pattes
Année de parution :
1954
Thème :
La police américaine fait appel à San-Antonio pour résoudre des meurtres en série qui la laissent perplexe.
Mon commentaire :
Les limiers américains n'ont qu'à bien se tenir. Quand on fait appel à San-Antonio, bâtons dans les roues ou pas, l'enquête sera menée à son terme, et avec brio.
Des citations :
  • Je leur souris aimablement, mais autant sourire à quatre tas de terre. Leurs cerveaux sont gros comme des noisettes et se perdent dans la masse.
  • C'est fou comme les gens qui ne vous ont jamais vu vous remettent péniblement !
  • Un living-room dans le style nucléaire, avec des meubles qui ressemblent à des figures géométriques en couleur. Une chambre, une cuisine-salle d'eau entièrement carrelée en bleu pâle. C'est net comme un magasin d'exposition, avec autant de personnalité qu'une cabine téléphonique.
  • Il faut toujours se méfier des réactions d'un lâche. Parfois, il leur vient comme des accès de courage désespéré.
  • Il y a partout des gens à briser et de l'argent à empocher. Tout le reste, c'est pour les poètes.
  • Serments d'amoureux. Au fond, nous n'y croyons ni l'un ni l'autre, mais nous jouons le jeu parce que, dans certains cas, on ne peut procéder autrement.
  • Que voulez-vous, il y a des ménagères qui ne peuvent pas sortir de leur appartement si les lits ne sont pas faits, et vous avez des flics qui ne peuvent pas lâcher un os sans savoir de quelle couleur est la moelle. J'appartiens à cette catégorie-là.
  • Dick et Jo sont ce qui se fait de mieux dans le style défonceur de portrait ! Des armoires de ce format, vous pouvez en chercher des mêmes pendant cent dix ans à la salle des ventes, vous ne réussiriez pas à en trouver. Ils ont des poitrines larges comme des portes de granges et des biscotos plus dures qu'un steak à bon marché.
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13. Deuil express
Année de parution :
1954
Thème :
San-Antonio part à la pêche. Il reviendra peut-être bredouille en matière de poisson, mais son hameçon lui ramènera cadavres, espions, tueurs, documents secrets et, bien sûr, jolies filles. On n'échappe pas à son destin…
Mon commentaire :
Rien à faire ! Même en vacances San-Antonio parvient à déterrer des affaires extraordinaires !
Des citations :
  • Le temps de compter jusqu'à cent et elle vous sert un gueuleton qui ferait pâlir de jalousie un cuistot ayant dans le guide Michelin autant d'étoiles qu'un Maréchal en a sur son képi.
  • M'est avis qu'elle est en dehors du coup, la cocotte. Je le crois d'autant plus volontiers qu'elle ne semble pas avoir inventé le Coca-Cola, elle a un circuit d'eau chaude à la place du cervelet.
  • Un silence lourd comme l'hérédité d'un banquier corse s'établit dans le bureau. On pourrait entendre le sermon d'un sourd-muet-aphone.
  • C'est du gangster nourri à la choucroute, ça. C'est massif comme une cheminée de son pays et ça a autant de cœur qu'une carabine à air comprimé.
  • Les caïds ne sont des caïds qu'au milieu d'une bande de foies-blancs qu'ils terrorisent. Lorsque vous les chopez entre quat' z'yeux et que vous leur tenez le langage de la raison, ils sont tout prêts à pleurer.
  • - Entrez, dit-elle, j'ai une bronchite chronique.
    - Je préférerais une tasse de café ! fais-je.
    Puisque nous sommes dans les réparties spirituelles, ça n'est pas la peine de nous en priver.
  • Mon tank était sur le point de partir pour le musée de l'auto lorsqu'on me l'a donné. Quand je passe les vitesses, il se produit un drôle de foin dans la boîte, tous les pignons se concertent afin de savoir s'ils se foutent en grève ou pas, et il y a tellement de trépidation que j'ai l'impression de m'être déguisé en pic pneumatique.
  • Je descends au poste de garde et je demande après Bérurier. On me répond qu'il va revenir. En effet, il sort des gogues, la braguette ouverte comme les portes d'un stade un dimanche après-midi, les bretelles battant ses talons, un journal à la main. L'image de la vie animale dans toute sa déprimante cruauté.
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14. J'ai bien l'honneur de vous buter
Année de parution :
1954
Thème :
San-Antonio devient chauffeur de maître (plutôt, de maîtresse) en Angleterre. Sans parler un traître mot d'anglais, ce qui était bien stipulé dans le contrat. Cela vous étonne ?
Mon commentaire :
Original et bien tourné. À ne pas manquer.
Des citations :
  • Le bourdon que je trimbale depuis quelques jours est si monumental que vous auriez envie de m'acheter une voiture à bras pour faciliter le transport.
  • Il pleut sur la ville pis que dans le cœur de Verlaine. Les maisons de briques sont tristes comme un rendez-vous d'amour raté.
  • Elle me décoche un sourire que je voudrais pouvoir mettre en médaillon afin d'égayer mes vieux jours.
  • Moi, je suis un mec dans le genre de Musset (Alfred pour les gerces) : je prétends qu'une lourde doit être ouverte ou fermée. Lorsqu'elle n'est que poussée, c'est mauvais signe.
  • Quand on se trouve en face d'une équation pareille, il ne reste plus qu'à faire tourner un guéridon en convoquant l'ectoplasme de Pythagore…
  • Quand je me mettrai à pondre de la haute littérature, y aura de la bagarre dans l'édition pour me publier, je vous l'annonce.
  • J'ai une idée lumineuse. Faut vous dire que des idées lumineuses j'en ai en moyenne douze à la minute. Et elles sont tellement lumineuses que l'intérieur de mon crâne doit ressembler à un feu d'artifice.
  • La première personne que nous rencontrons c'est une dame d'allure respectable à qui un gars pas trop radin donnerait la soixantaine sans trop se faire tirer l'oreille.
  • L'extériorisation, c'est pas le genre english. Eux, quand ils sont avalés par un boa constrictor, ils ne se soucient que d'ôter leur chapeau s'il y a déjà une dame à l'intérieur.
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Ce site a été partenaire officiel du film San-Antonio. Je conserve cette rubrique pour l'aspect historique.

Ce site est partenaire officiel du film : San-Antonio !

au cinéma le 21 juillet 2004

Jeu : gagnez vingt invitations pour voir le film San-Antonio ! Pour gagner, envoyez un message à Pierre@crescenzo.nom.fr en précisant le sujet jeu San-Antonio, en donnant vos nom, prénom, adresse postale et adresse de courriel et en répondant aux six questions suivantes (tout bulletin incomplet est ignoré) :

  1. Film : Qui interprète le rôle de Béru ?
  2. Film : Qui interprète le rôle d'Achille ?
  3. Film : Qui interprète le rôle de Toinet ?
  4. Livres : Qui est B.B. ?
  5. Livres : Quel est le prénom de Bérurier, le collègue de San-Antonio ?
  6. Livres : Quel est le prénom de la mère de San-Antonio ?

Les vingt premières bonnes réponses aux six questions gagnent une invitation pour le film San-Antonio. Les coordonnées des gagnants sont transmises à la société de promotion du film qui se charge d'envoyer par La Poste l'invitation (une seule par foyer).

Ce jeu est organisé sous la responsabilité exclusive de la société de promotion du film. Pour toute question, voir le site officiel du film (n'existe plus).

Alors qu'une menace terroriste pèse sur les Grands de ce monde, le commissaire San-Antonio et son équipier le lieutenant Bérurier sont chargés de surveiller l'Ambassadeur de France dans un palace britannique. À la suite d'une négligence de Bérurier (qui préfère se payer du bon temps…), le commissaire est pris de vitesse par la troublante italienne qui a orchestré l'enlèvement du diplomate.

De retour à Paris, San-Antonio est démis de ses fonctions par Achille, le chef de la police. Une aubaine pour Bérurier qui va prendre du galon…

La situation dégénère : le Président de la République a mystérieusement disparu. La réaction du Ministre de l'Intérieur ne se fait pas attendre. Seul San-Antonio peut sauver la France : il dispose de quarante-huit heures et d'une brigade secrète pour retrouver le chef de l'État. Au palais de l'Élysée, San-Antonio découvre Bérurier déjà en charge de l'enquête officielle… Dès lors, c'est chacun pour soi : lequel des deux retrouvera le Président le premier ?

Les pistes se multiplient : organisations terroristes, banques peu scrupuleuses, trafiquants internationaux, personnages politiques au passé douteux, femmes fatales aux arguments très convaincants…

San-Antonio est enfin à l'écran !

San-Antonio

Visitez le site officiel du film (n'existe plus) qui présente notamment une bande-annonce.

San-Antonio 1 San-Antonio 2 San-Antonio 3
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